mercredi 30 novembre 2016

ma vision de la pédagogie montessori au quotidien

Alors ce que je vais écrire est simplement ma vision de cette pédagogie et la façon dont on s'en inspire au quotidien mais je tiens à préciser que je n'ai aucune formation Montessori pour éviter tout malentendu.

L'autonomie de l'enfant est pour moi l'un des piliers de la philosophie Montessori. On veut que l'enfant puisse apprendre à faire seul, qu'il soit le maître de ses actions tout en étant là pour lui montrer le bon geste et l'accompagner dans ses envies.

Penser Montessori, c'est également pour moi penser l'aménagement de la maison en fonction de son enfant. Vous êtes-vous déjà mis par terre à 4 pattes pour voir comment votre bébé voyait son environnement ? Ici cela nous a permis une vraie prise de conscience. Au fil des mois et de l'évolution motrice de Nolan, nous avons aménagé l'intérieur pour qu'il puisse toucher à tout sans qu'à aucun moment, il ne soit en danger. Il a à sa disposition ses jeux et livres, je fais une petite rotation suivant les périodes mais Nolan aime avoir tous ses jouets à disposition (ce qui , je le conçois, n'est pas forcément Montessori). Cependant, chaque objet a une place précise dans la maison ce qui lui permet de savoir où trouver l'élément qu'il cherche.

Qui dit Montessori, dit pour moi une implication de la part de l'enfant notamment dans la vie de tous les jours au gré des besoins de l'enfant et de son évolution car il faut garder à l'esprit que chaque enfant est différent et évolue à son propre rythme. Il est donc indispensable de le respecter et de ne pas imposer des choses à nos enfants mais simplement de les écouter et de les suivre dans leur envie.

Maria Montessori disait de l'enfant que c'est « un esprit absorbant » ce qui signifie que l'enfant absorbe son environnement de façon totalement inconsciente et constante. Cela ne lui demande pas d'effort, il suit juste sa nature propre. C'est pour cela que les premières années de vie sont fondamentales pour l'enfant car c'est en grande partie à ce moment-là qu'il construit sa vision du monde.

Pour illustrer mes propos, je vais vous donner un exemple du quotidien,
Nolan a commencé très tôt à m'aider à débarrasser le lave-vaisselle : il tenait tout juste debout mais dès qu'il me voyait l'ouvrir, il galopait à 4 pattes et grimpait directement sur le lave-vaisselle pour venir m'aider. Alors effectivement, c'était beaucoup plus long mais il était juste heureux de m'aider et d'apprendre à faire comme nous.
A bientôt 19 mois, Nolan débarrasse les couverts tout seul et les range au bon endroit, enlève ses assiettes, les range dans son tiroir et m'aide généralement à enlever tout le reste. Je ne lui impose rien, si un jour il n'a pas envie, ce n'est pas moi qui vais l'appeler pour qu'il le fasse mais s'il a envie alors je suis là. Bien entendu, je le laisser gérer en autonomie mais reste toujours à côté de lui.

Il est également indispensable pour moi de faire confiance à nos enfants. Il faut savoir qu'ils sont capables de choses folles si on leur accorde entièrement notre confiance. Un exemple concret datant d'il y a quelques jours, à la maison nous avons une cheminée, Nolan adore aider son papa alors maintenant il porte souvent une petite bûche de bois et l'emmène à son papa près de la cheminée. Bien sûr si elle est trop lourde, son papa l'aide mais Nolan tient vraiment à aider son papa. Et jamais, je n'aurai pensé que mon petit bonhomme réussirait à porter la bûche : spontanément, il faut être clair, je ne l'aurai jamais laissé faire. Et pourtant, vous verriez son sourire quand il la donne à son papa : ça vaut tout l'or du monde.

Je reviens sur l'importance de laisser l'enfant faire seul : vous avez déjà observé votre enfant faire encore et encore la même action tout fier de lui. Mais quelle idée a -t-il de faire cela parfois quand ce n'est pas le moment simplement parce que c'est l'heure de manger ou de partir … un enfant apprend tout le temps et ne se soucie pas de nos contraintes d'adulte. Il est important, dans la mesure du possible, de le laisser manipuler encore et encore quand il est concentré sur une action. Ne pas interrompre l'enfant, c'est lui permettre d'acquérir une nouvelle compétence.
Une petite anecdote, un jour alors que nous allions passé à table, Nolan a commencé à s'amuser avec le clip de son réhausseur de chaise. Il clipsait, me demandait de lui défaire et clipsait de nouveau : le tout en disant « yeah » en levant les bras chaque fois qu'il y arrivait. Nous avons pris le temps de le laisser faire car cela semblait important pour lui d'ancrer ce nouvel apprentissage.

Selon Maria Montessori, l'enfant traverse des périodes sensibles c'est-à-dire que l'enfant se limite à un apprentissage bien précis (coordination motrice, langage, lecture...). Ces périodes sont très marquées et il est important de les identifier afin de pouvoir répondre à la demande de notre enfant. Il est fondamental de ne pas aller à l'encontre de ses apprentissages car il risque ensuite d'être beaucoup plus difficile à acquérir.
Nolan a ici eu une longue période sensible concernant le transvasement, il transvasait sans cesse et avec tout (de l'eau, de la nourriture, du sable...). Et au fil du temps, ses mouvements sont devenus beaucoup plus précis : il arrivait à transvaser de l'eau dans un grand bol à un tout petit verre sans en mettre à côté. Puis tout à coup, il a arrêté de transvaser pendant quelques semaines. Il le fait maintenant de temps à autre mais pendant cette période intense d'apprentissage, c'était vraiment avec tout ce qu'il trouvait et tout le temps.
Identifier la période sensible dans laquelle est notre enfant, c'est lui permettre d'acquérir facilement de nouvelles capacités puisqu'à ce moment-là, il ne fait que répondre à son besoin intrinsèque d'apprendre.

Penser Montessori au quotidien, c'est donc pour moi simplement respecter le rythme de l'enfant que ce soit pour le sommeil, les repas mais également les apprentissages. L'enfant est acteur de sa vie et nous sommes là pour l'accompagner, répondre à ses besoins et envies au quotidien.

1 commentaire:

  1. Merci pour cette analyse!
    Finalement, sans avoir lu plus de livres que cela concernant la méthode Montessori, je me rends compte que je réalise tout ce que tu décris dans ton article!
    Peut-être, est-ce lié à notre profession, mais il est vrai que quand on est à l'écoute de notre enfant et qu'on le laisse participer, tout se passe merveilleusement bien.
    Une anecdote, vu qu'Alice participe aussi aux tâches quotidiennes dès qu'elle a exprimé "Alice fait", il y a 2 jours, au supermarché, elle a ramassé un papier qui traînait pas terre. Elle était tout fière de remettre à un employé du supermarché, qui mettrait lui-même le papier dans la poubelle du magasin! :)
    Finalement, pas besoin de scolarité purement Montessori, tant qu'on les accompagne dans cet esprit à la maison!

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